J’ai testé le capteur d’oxygénation musculaire MOXY

La pratique du cyclisme est devenue au fil du temps un laboratoire à ciel ouvert. Des nouvelles technologies permettent un suivi de sa forme dans les moindres détails. L’usage de la fréquence cardiaque s’est largement démocratisé et les capteurs de puissance ne sont plus une exclusivité grâce à une offre de marché importante. Aujourd’hui, c’est le capteur d’oxygénation musculaire qui débarque ! Une somme d’indicateurs en temps réel s’offre à nous.
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J’ai eu l’opportunité de tester pendant quelques semaines, le nouveau capteur d’oxygénation Moxy importé en Europe par la société Swinco. Je me suis lancé de manière empirique à exploiter l’appareil. Lors du test cette hiver, je n’ai pas échappé à la grippe. Ce virus a été l’opportunité de m’affaiblir et de constater avec intérêt la valeur du Moxy. Je vais vous partager ces expériences.

Principe de fonctionnement du Moxy.

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Cet appareil portatif permet de mesurer en temps réel l’oxygénation du muscle, la “SmO2”. L’oxygénation musculaire est une mesure de la quantité d’hémoglobine capable de transporter l’oxygène dans les capillaires du muscle. Elle est exprimée en tant que pourcentage de 0 à 100 et est souvent abrégée en SmO2. Elle est mesurée optiquement avec une lumière proche infrarouge. Il s’agit donc d’une mesure locale et non-invasive. Ainsi sans grosse contrainte musculaire, la saturation d’oxygène musculaire (Smo2) pourra à l’effort être inférieure à 90%  et descendre très bas pendant un exercice intense à 10%.

Chaque individu est différent. Au repos comme à l’effort, la SmO2 est quelque chose qui varie entre les gens. Les différences sont physiologique, en fonction de l’état de fatique du corps, ou de l’hygiène de vie du pratiquant.

L’intérêt.

Couramment, l’évaluation d’un profil de performance tourne autour de la notion de V02max, de PMA, et de fréquence cardiaque. L’unité Sm02 a plus d’intérêt qu’une VO2max. La SmO2 indique sa capacité réelle à utiliser l’oxygène.

La meilleur façon d’interpréter la Sm02 est de visualier le rapport entre la capabilité du corps à fournir de l’oxygène et la capacité des muscles à utiliser l’oxygène. C’est un facteur clé dans la capacité d’endurance de l’athlète.

L’objectif sur le long terme est donc développer sa capacité à utiliser l’oxygène à l’effort. 

La donnée au repos est un élément d’identification d’une bonne récupération, synomyme d’un bon échange gazeux avec les muscles.

Interprétation de la Sm02.

  1. Si l’ apport d’oxygène augmente plus que la demande alors SmO2 monte.
  2. Si la demande en oxygène augmente plus que la fourniture, SmO2 descend.
  3. Si l’apport et le besoin sont égales SmO2 reste le même.

Tous ces scénarios peuvent se produire pendant l’effort. Avec la SmO2, on comprend l’importance de la respiration. L’ oxygène est la base de la bioénergétique. Ainsi, les changements d’intensité entre l’apport et le besoin détermine la performance.

Les observations de l’utilisation du MOXY.

Ci-dessus, j’ai synthétisé 4 points d’observations suite à la collecte des données ddu MOXY. La SmO2 a tendance à diminuer :

  • Lorsque la chaleur augmente.

Quand nous produisons un effort, nous générons de la chaleur. Notre corps doit se refroidir par la tranpiration et le déplacement du sang vers la peau pour libérer la chaleur. Le sang qui se déplace à travers la peau signifie moins de sang dans les muscles, et par conséquent la fourniture en oxygène devient limitée.
=> Il est donc important de ne pas trop se couvrir lors d’un effort, et de porter de vêtement technique et respirant. Egalement lors de séance à l’intérieur, il est important d’être dans un lieu aéré.

  • Lorsque la fréquence cardiaque augmente

La fréquence cardiaque est en corrélation avec la performance. Afin d’augmenter son effort, nous avons besoin d’utiliser plus d’oxygène. Le coeur doit battre plus fort afin de répondre à la demande. En cours d’intensité, j’ai atteint un état d’équilibre. Le corps réagit et s’adapte à la situation de l’effort. C’est notre capacité à tolérer les effort. A suivre dans l’article

  • Quand il y a de la fatigue

De nombreux facteurs causent la fatigue. Elle génère une incapacité à fournir et utiliser l’oxygène à un taux suffisamment élevé pour continuer à produire de l’énergie pour le travail musculaire. S’entrainer sur de la fatigue, contribuent encore d’avantage à la fatigue. Il faut bien gérer ses phases. C’est à double tranchant.

  • Quand on est malade

Lorsque nous sommes malade, le corps ne fonctionne plus normalement. Notre capacité à fournir ou utiliser l’oxygène pendant l’exercice devient entravée. J’en ai eu l’effet avec la grippe. De la fièvre, synonyme de  chaleur; la lutte contre le virus, et donc du sang appauvrit en hémoglobine. Quand la forme est revenue, je l’ai vue !

 

 

Voici 2 graphiques d’entrainement que j’ai réalisé.

4 minutes au seuil Lactique sur Home Trainer.

  1. Pendant 20 minutes, la Sm02 (ligne bleu) est stabilisée en zone aérobie.
  2. Pendant 4 minutes, la SmO2 diminue à 20% dans une zone anaérobie, en corrélation à une augmentation de la Fréquence Cardiaque et de la puissance.

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En live, un effort progressif de la zone aérobie V3 au seuil lactique 1.

  1. Au départ d’un col, j’ai réalisé un effort constant en aérobie pendant 35 min où la Sm02 est stable à 40%.
  2. J’ai augmenté mon besoin en 02 en passant à un seuil lactique pendant 1 minute. La Sm02 diminue à 30%.
  3. En surventilation, je suis reviens à un effort aérobie, et l’on observe une nette amélioration de la Sm02 pendant 5 minutes (cf. point d’interprétation 1.) avant un retour stable à 40%.
  4. Je réduit mon effort à V2 et fait tourner les jambes lors de la descente. On observe une augmentation significative de la SmO2.

Voir l’activité sur strava et Kinomap

Conclusions

De mon utilisation, la SmO2 s’accorde parfaitement pour un suivi de sa progression et plus précisement à sa capacité à rentabiliser son effort. L’objectif est d’améliorer l’utilisation de l’oxygène par les muscles . Elle permet également de détecter la fatigue et d’adapter son entrainement à l’état physiologique du moment. Son usage sera spécifique sur un corps en bonne forme et la réalisation de test d’effort.

Gardez à l’esprit, que le premier indicateur de votre forme s’est vous. Restez à l’écoute de vos sensations. Ces outils sont là pour donner des indicateurs sur son niveau d’effort. Le seul maitre à bord du vélo, c’est celui qui appuie sur les pédales.

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