L’entracte. La cyclosportive la Grande Bo’.

Nous voulons qu’avec art, l’action se ménage ; 

Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli 

Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli. 

Je reprendrai cet énoncé de Boileau dans son Art poétique, pour résumer et me projeter après une cyclosportive qui me laissera des cicatrices. Le rebondissement de la saison est arrivé tôt. Une chute qui sera le synonyme d’un entracte cette année. Marqué de cette cal expérience, à 2 mois de la Triple Haute Route, l’objectif de l’année est maintenant plus corsé.

C’est un beau Dimanche

Au pied de l'#église, c'est grand beau à la cyclosportive @LaGrandeBo @legrandbornand.

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A 8h, le retentissement du clocher de l’Eglise du Grand Bornand sonne le départ de la Grande Bo’. Le ciel bleu et ses chaleureux rayons de soleil laissent présager d’une ravissante journée à grimper les cols de la Croix Fry, des Fleuries, le Mont-Saxonnex et le Col de Colombière. Le plus grand des parcours sera réduit mais n’en reste pas moins intense. En effet, le col de Romme est tapi de graviers et pour des raisons de sécurité et shunté du parcours.

Emmené avec intensité par Romain Fiard, l’ascension du Col de la Croix-Fry révélera les hommes en forme. A ce moment, je me trouve en bonne condition. Dans la descente, je suis naturellement la roue de Nicolas Roux, suivi par Nicolas Ougier et Jean-Francis Pessey. (ils sont bons grimpeurs les Nico  😉 ).

Négociant une épingle serrée vive allure, défiant les lois de la physique, ma roue avant se dérobe. Je chute violemment sur l’épaule gauche. Aussi vite que je suis tombé, je remonte sur le vélo. Egratigné sur le flanc gauche, je ne sais pas trop ce qu’il vient de se passer. La douleur est vive, mais j’arrive à tenir le guidon. 

Le groupe de tête à moins de 30 secondes. Je ne peux pas revenir seul. Je prends le temps de palper mon épaule. Il est difficile de faire un diagnostic, mais je ne peux pas lever le bras à plus de 90 degrés. Je sens que j’arrive à tenir toutes les positions sur le vélo, malgré les douleurs. Le mal est fait, il reste un peu moins de 100km, les jambes tournent bien, alors autant continuer sur le plus grand des parcours. 

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Le col des Fleuries me rassurera tant en montée que dans la descente. A l’amorce du Mont-Saxonnex, je m’exécute (comme mon pote mathéo 😉 ) à grimper la totalité du col en danseuse. J’y grimpe facilement et commence à reprendre des concurrents. Je réalise une descente rapide avant de reprendre l’ascension des 15 km du Col de la Colombière.

Sentiment de frustration et de plaisir, j’ai rarement eu d’aussi bonnes sensations. Alternant avec facilité position assise et danseuse, sur le 36, la chaine en milieu de cassette, je reprends un à un plusieurs concurrents. La cadence ne faiblit pas.

Je franchis la ligne 24e en 4h00 (118km / 2800m voir l’activité stravaC’est enfin la fin ! Je m’empresse de voir le médecin de course. Il me diagnostique en un coup d’œil mon état. Quelques heures plus tard, la radiographie confirme son diagnostic. 100km et 2000 mètres de positif plus tard, j’ai roulé avec le ¼ externe de la clavicule fracturée.  Gardant le sourire, je rassure les copains qui viennent prendre de mes nouvelles. Leurs mots ne sont que positifs.

La suite

Hors-scène des plus belles cyclo-sportives à guichet fermé du mois de Juillet, je vivrai ces débats en spectateurs. A l’étape du Tour, il faudra compter un grand Nicolas Roux ! C’est un nouveau challenge qui se prépare. Mon regard est sur la #ObjectifTripleCouronne et la KOM Taiwan, qui seront comme un cadeau à ma trentaine d’année.

Merci à tous pour votre suivi, vos lectures et commentaires.  

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Dans le Col de Mezhilac © David Boudin / www.aufildeslumieres.com ardechoise
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