Être sur l’étape du Tour

Quelle étape du Tour ! Peut-on définir cet évènement comme une cyclosportive traditionnelle. La logistique déployée, l’essor économique généré, un peloton de 15 000 participants, … Oui, l’étape du Tour est une marque de cyclosportive unique. 100€, c’est le prix du privilège pour se comparer aux professionnels du tour de France. C’est le prix de l’exclusivité pour rouler sur des routes fermées. C’est le prix d’être encouragé par les passionnés du tour installés sur le bord de route.

De Briançon, nous avons parcouru 181 km pour atteindre le plus haut col de l’histoire de l’étape du tour, l’Izoard. C’est une histoire qui n’a finalement pas de prix et qui se vie à 100%. Je vais vous raconter ce jour de 16 juillet 2017.

La veille de l’étape du Tour

Après une Haute Route Alpe d’Huez riche de succès et d’efforts, nous voilà à Briançon pour l’étape du Tour. Pour le nous, je nomme mes amis et équipiers de l’Alpe d’Huez : Cédrik Dubois, Richard Scales et Cyril Tiné.

Depuis jeudi, la ville fortifiée est assiégée par plus de 15 000 personnes (sans compter les accompagnateurs, exposants et les logisticiens de l’étape du Tour). Le village de départ est intelligemment conçu afin de retirer ses dossards rapidement, sa maigre musette de bienvenue et rencontrer les exposants. L’ampleur du village, les milliers de personnes et la logistique sont intimidantes.

Au frais, loin du tumulte de Briançon, je séjourne à Montgenèvre avec le récent vainqueur de la Haute Route Alpes d’Huez et futur 4ème de l’étape du Tour, Cédrick Dubois. L’ambassadeur du Café du Cycliste me sert “bière et cacahouètes en apéro“, et pour le menu des rois de la montagne, “farfalles et tarte à la myrtille pour dessert“. Un régal !

Le Jour d’étape du tour.

Il est 6h45 quand nous arrivons en bon dernier nous frayer un chemin dans le SAS 0 du départ. Nous retrouvons une voix connue qui anime le départ.

Le départ est lancé à 7h00. C’est un peloton recouvrant une large route à plus de 50 km/h qui défile. Les pointillés deviennent des lignes blanches, les arbres et poteaux sur le bas-côté, et des murs. Notre seul objectif est de rester placé et attentif pour ne pas chuter.

La Côte des Demoiselles Coiffées n’est pas suffisantes pour réduire le peloton. La descente plongeante sur le lac est magnifique. Elle me laisse le temps d’avaler une gaufre au Caramel et de profiter un tant soit peu du paysage.

serre poncon etape du tour

A l’approche de Barcelonnette, c’est le premier ravitaillement. Si certains s’arrêtent, ils devront être rapides à la transition, car le train n’attend pas. Avant Jausiers, les clients à la victoire d’étape parviennent à sortir.

Nous arriverons plus de 150 au pied du Col de Vars (9,3 km à 7,5% de moyenne). Après 115 km réalisés à 40km/h de moyenne. Le premier challenge de la montagne démarre. Je carbure au Roctane dès le pied. Je sens bien que je n’ai pas les jambes d’avant-hier. La tête de course se détache avec rapidité sur le gros rythme imprimé par Pierre Ruffaut. Les fuyards sont repris. Au classement du meilleur grimpeur, Cédrick Dubois l’emporte avec un temps de 30’02”. 

cédrick dubois vars etapedutour

© Fabrizio Malisan

Je bascule en 105e position et déjà loin. Mais les sensations étaient bonnes sur la fin du col. Elles me donnent confiance pour la suite. Une courte minute, je me ravitaille en eau et me lance tête dans le guidon dans la rapide descente de Vars. Je refais la jonction avec un groupe que j’ai dépassé dans la montée, au profit d’une légère remontée à la station de Var . J’y retrouve les connaissances du club “Team Vercors” dont Corentin Blanc.

Dans la vallée du Guil, la route en faux plat montant nous mène au Col de l’Izoard. Corentin et moi prenons l’initiative de partir à la faveur du vent. Nos relais sont appuyés et permettent de reprendre quelques coureurs, avant d’entamer la magistrale ascension de l’Izoard (14 km d’ascension à 7,3% de moyenne).

Un dernier gel, et des gommes dans la poche, et c’est parti pour la dernière rampe. Corentin est en résurrection. Je ne parviens pas à le suivre, mais reste positif dans la remontée au classement. Arrivée à Brunissard, l’effort se durcit en même temps que la pente s’élève. Reconnaissant des enfants qui me tendent une bouteille pour me rafraîchir, ils me remotivent à remettre de l’intensité dans les 7 derniers kilomètres de l’ascension. Le coup de pédale est fluide, la vitesse verticale est rapide, tout est conforme pour progresser dans le haut du classement.

À chaque épingle, je relance sous la hola des spectateurs. À chaque pourcentage, je mets de la vélocité. À chaque replat, je remets du braquet. Des slogans sont plantés au bord de la route, pour nous rappeler quelques faits d’arme des grands tours.

À l’ombre des mélèzes, nous entrons dans le décor minéral de la Casse déserte. Une ambiance lunaire, roulant sous ces abruptes falaises ocre. C’ést avec un regard naïf que je suis sublimé par ce décor. C’est un décor entre montagnes des dolomites et le Ventoux qui domine les Alpes.

“Qu’est-ce qu’un kilomètre dans une vie ?”.

 

Sur cette dernière phrase, la chaine tombe au milieu de la cassette. Le corps en danseuse, à me sacrifier pour un dernier seuil d’acidité, je reprends encore deux coureurs. Il me manque quelques mètres pour entrer dans le top 50.

Je rejoins mon ami Richard Scales, vient de terminer son étape 2 minutes avant. Cyril Tiné n’est pas loin également. Cédrick Dubois a terminé à la 4ème place de l’étape de l’Etape du Tour. La Haute Route nous a donné de bonnes ailes. Je clôture les 181 km de l’étape du tour à la 51e place, en 5h40, à la 47e place du classement des grimpeurs. À défaut, d’une montée de Vars en dessous de mes habitudes, il faut savoir garder un esprit positif pour reprendre le meilleur sur soi.

richard scales nicolas raybaud col izoard etapedutour

Nous rejoignons le village de Briançon et avoir un compteur rond à 200 km et 3600 mètres de dénivelé positif. Notre médaille de finisher en récompense, je rejoins avaler la “pasta box” et nos madeleines sous le stand Specialized. Billy me rejoint, tout aussi ravi d’en avoir terminé.

Résultats.

Un énorme bravo au meilleur des cyclistes du Vercors, j’ai nommé Tao Quemere. Le vainqueur de l’étape 2016, va chercher une seconde place entre deux norvégiens. Si il était la révélation de l’année 2016, Tao a démontré son talent cette année.

Hommes :

  1. ABRAHAMSEN Jonas – 5h15’26”
  2. QUEMERE Tao – 5h17’43”
  3. ELLINGSEN Jonas – 5h17’51”

Femmes :

  1. PITEL Edwige – 5h42’14”
  2. SAINT JEAN Magdalena – 6h08’58”
  3. MOREL Charlotte – 6h09’34”

Les français ne sont pas en reste, avec l’excellente performance de Cédrick Dubois 4e, David De Vecchi 5e et Jérémy Brunello (9e).

Sans ambition, avec les frêles sensations physiques du départ, la frénésie a repris mon esprit dans l’ascension de Vars. La gestion en “Négative Split” a réussi franchissant la ligne 51e en 5h40 dans un classement dense.

Le classement de la Montage

Est-ce que Cédrick Dubois va donner du fil à retordre à Bardet et Froome ? Le Kung Fufu est le vainqueur du classement de la montagne avec un cumul de 1h17’14 sur le Col de Vars (30’02”) et le Col de l’Izoard (47’12”).

À ce jeu, je suis 47e de ce classement. À la lutte dans Vars avec 36’27” (103e/10888), l’Izoard m’a réussi avec un temps de 56’08” (37e/11042)

C’est une expérience à vivre !

3400 personnes ne franchiront pas le sommet de l’Izoard. Avec 11207 classés, l’étape du tour est une épreuve redoutable et de haut niveau. Au-delà de l’excellence du parcours sur des routes fermées, l’étape offre de la liberté et permet de hausser le niveau des performances. Les milliers de participants présents ajoutent une émotion particulière à nous dépasser. Nous avons ce sentiment de participer à une journée unique. C’est une expérience à vivre !

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